Les plans d'eau sont nombreux dans le périmètre du SAGE. Une première estimation en 2012 en a dénombré 2672 soit 0,8% du territoire du SAGE soit une superficie cumulée de 10,6 km². La densité de plans d'eau dans le périmètre du SAGE est estimée à 2 par km² et ils sont notamment très présents sur les bassins versants du Linon, du Guinefort et de la Haute Rance.
Selon leur emplacement dans le bassin versant et leur mode d'alimentation en eau, les plans d'eau peuvent être distingués en différents types, dont les quatre principaux sont :
Les plans d'eau sur cours
Un barrage est construit dans le lit du cours d'eau pour retenir l'eau. Ce type de plan d'eau est le plus impactant pour la qualité écologique du cours d'eau
Les plans d'eau en dérivation
Les plans d'eau en dérivation se remplissent par un système de dérivation de l'eau du cours d'eau. Ces plans d'eau posent notamment des problèmes dans les cours d'eau subissant des étiages sévères.
Les plans d'eau sur source
Certaines zones humides de tête de bassin versant sont creusées pour créer un plan d'eau. Outre la destruction de la zone humide entraînée par ces travaux, et donc la perte de leurs fonctionnalités, ce type de plan d'eau a des conséquences directes sur la qualité écologique du cours d'eau en aval.
Les retenues collinaires
Principalement créées pour l'irrigation ou des réserves incendies, les retenues collinaires sont principalement alimentées en eau par les eaux de ruissellement et par les précipitations.
La présence d'un plan d'eau sur un cours d'eau a un fort impact négatif sur celui-ci.
Ces impacts peuvent être observés via différents paramètres :
Or, les variations de chacun de ces paramètres ont des conséquences sur la faune et la flore du cours d'eau puisque ces variations entraînent une modifcation des habitats.
De plus, ces variations sont la cause des phénomènes d'eutrophisation que connaissent de nombreux plans d'eau.
Les plans d'eau entraînent une diminution de la quantité d'eau dans le bassin versant par les phénomènes d'évaporation de l'eau et d'infiltration de l'eau.
Ces pertes ont été estimées à 2000 voire 3000 mètres cubes par an par hectare de plan d'eau (soit l'équivalent d'une piscine olympique par an pour chaque hectare plan d'eau !).
Dans le cas des plans d'eau sur sources, leur création cause la dégradation de nombreuses zones humides. Pourtant, ces zones humides de tête de bassin versant jouent un rôle essentiel pour une bonne qualité de l'eau.
Les plans d'eau sur cours ou en dérivation peuvent eux aussi entraîner la disparition des zones humides de bordure de cours d'eau, notamment par assèchement de la zone proche du plan d'eau.
Des plans d'eau mal gérés peuvent également entraîner un colmatage du lit du cours d'eau en aval du plan d'eau, par exemple lors de vidanges mal gérées.
Par la modification de la qualité physico-chimique du cours d'eau, les plans d'eau ont aussi un fort impact sur les peuplements piscicoles. Des plans d'eau peuvent ainsi modifier le cortège spécifique de poissons trouvé dans le cours d'eau.
Enfin, les plans d'eau sont des spots préférentiels pour certaines espèces invasives qui risquent de s'y développer puis de se disperser dans tout le bassin versant.
Pour en savoir plus sur les zones humides
La continuité écologique est la libre circulation des organismes vivants et leur accès aux zones indispensables à leur reproduction, croissance, alimentation ou abri ainsi que le bon déroulement du transport des sédiments.
Dans la mesure où les seuils et barrages des plans d'eau font obstacle à la continuité écologique, la fragmentation écologique qu'ils entraînent contribue à l'érosion de la biodiversité et notamment celle des poissons migrateurs.
L'effet de cumul de toutes ces altérations a un impact négatif non négligeable sur le bassin versant. De ce fait, la Commission Locale de l'Eau a fixé dans le réglement du SAGE révisé un article interdisant la création de nouveaux plans d'eau (voir article 2 du règlement).